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Serge Escots - 9 septembre 2011

Mobilisation : La solidarité en berne…

À l’initiative du Collectif inter-association et de la FNARS, un rassemblement place du Capitole à Toulouse a eu lieu le 8 septembre 2011 pour protester contre la politique de l’État en matière de lutte contre l’exclusion, initiative plus que bienvenue tant la situation sur le terrain est dégradée.

La demande d’hébergement et de logement déborde une offre qui s’amenuise laissant sans réponse un nombre croissant de personnes isolées et de familles avec enfant. Le désengagement cynique de l’Etat, rigueur budgétaire oblige et œillade obscène à la droite de son électorat, ne peut que révolter les professionnels et les bénévoles qui œuvrent ici ou là pour le lien social.

Ce midi n’étaient rassemblés visiblement qu’une partie des acteurs concernés par le champ de la précarité. Évidemment pas de quoi émouvoir le gouvernement et ses représentants. Pour cela il faudrait une mobilisation bien plus grande.

La fragmentation des champs sanitaires et sociaux en autant de micro-secteurs, chacun pris dans ses problèmes spécifiques ; le repli sur son soi et son monde proche en période de crise ; la perte de récits politiques ; et la saturation médiatique de messages qui contribuent à façonner une seule et unique réalité sociale (mondialisation –> crise économique –> déficit public –> démantèlement du service public) limitent les mobilisations et profitent au gouvernement.

Pourtant, politiques sociales et politiques sanitaires (celles qui ont récemment touché la psychiatrie par exemple) participent d’un même projet et concernent de façon transversale tous les acteurs des champs sanitaires et sociaux. Si l’étranglement insupportable que vit aujourd’hui le secteur de la précarité ou de la psychiatrie est possible avec autant de cynisme, qu’est-ce qui garantit que demain ce ne sera pas le tour du médico-social ?

J’imagine que dès leur retour de vacances, alertés par leurs enseignants scandalisés du sort qui est fait aux populations pauvres ou malades, les étudiants en sciences sociales, en médecine, en travail social et de l’ensemble des professions concernées par le démantèlement des secteurs où ils envisagent de s’engager, conscients de cette situation sans précédent… ne manqueront pas de se joindre à la mobilisation. Non ?

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